Un projet commun pour les sixièmes de la CHAAP du collège de La Châtaigneraie et de la classe Sciences et Patrimoine du lycée Bonaparte
Le 1er octobre, les élèves de sixième de la classe CHAAP du collège de La Châtaigneraie et les secondes de la classe Sciences et Patrimoine du lycée Bonaparte se sont rendus sur le site des Télots, à Saint-Forgeot. Cette sortie, organisée par Isabelle Thibaudet et Nicolas Lombard, leur a permis de découvrir l’histoire géologique et industrielle de ce site emblématique de l’Autunois, accompagnés par Alban Silvas, directeur adjoint du Muséum d’Autun, et Jean-Philippe Passaqui, professeur d’histoire au lycée militaire d’Autun.
Les Télots se situent dans le bassin d’Autun, une formation géologique datant de près de 300 millions d’années. À cette époque, la région était occupée par des milieux lacustres et marécageux. L’accumulation de matière organique au fond de ces anciens lacs, puis son enfouissement et sa transformation au cours des temps géologiques, ont conduit à la formation de schistes bitumineux.
Ces roches contiennent du carbone, une matière organique qui peut être transformée en huile par pyrogénation. Les élèves ont ainsi découvert comment la formation géologique du gisement a rendu possible son exploitation industrielle.
L’exploitation du schiste bitumineux dans la région débute au XIXe siècle. Le site des Télots connaît un important développement au XXe siècle, notamment à partir des années 1930, avec la construction d'installations destinées à extraire le schiste, à le chauffer dans des fours et à récupérer l'huile obtenue. Une raffinerie vient compléter le complexe industriel, qui produit notamment des carburants.
L'activité prend une importance particulière pendant la Seconde Guerre mondiale et se poursuit après-guerre. L'exploitation cesse définitivement en 1957. Une grande partie des installations est alors démantelée. Plusieurs vestiges témoignent encore aujourd'hui de cette activité : le concasseur, différents bâtiments et surtout les deux imposants terrils, constitués des résidus de l'exploitation et du traitement du schiste. Leur volume permet de mesurer l'ampleur de cette activité industrielle.
Peu à peu, la nature a repris ses droits et recolonisé ces anciens espaces industriels, transformant progressivement le paysage.
La fermeture du site en 1957 s'explique notamment par sa faible rentabilité. Pour 100 francs de production, les coûts atteignaient 300 francs : l'État devait donc financer une part très importante de l'activité. Dans un contexte où la France fait le choix de développer la recherche et l'industrie nucléaires, le soutien financier public à cette exploitation est progressivement abandonné.
Cette fermeture entraîne la reconversion d'une partie des ouvriers, qui retrouvent du travail dans d'autres entreprises industrielles du territoire, notamment Ideal Standard, Tolix ou encore GIM.
Au-delà de son coût économique, l'exploitation des schistes bitumineux posait également d'importants problèmes environnementaux. Le procédé générait des quantités considérables de déchets : pour un mètre cube de schiste traité, environ 1,3 mètre cube de résidus était produit. Ces déchets, accumulés au fil des années, ont formé les deux immenses terrils, qui atteignent une centaine de mètres de hauteur. Le procédé était également très polluant. La combustion libérait notamment du dioxyde de soufre dans l'atmosphère. En se transformant au contact de l'eau, celui-ci pouvait conduire à la formation d'acide sulfurique et contribuer ainsi au phénomène des pluies acides.
Cette visite a permis aux élèves de comprendre comment une histoire géologique vieille de plusieurs centaines de millions d'années a donné naissance à une activité industrielle qui a profondément marqué le territoire. Elle constitue une première étape du projet commun consacré au patrimoine industriel local, qui se poursuivra notamment par la découverte du patrimoine minier d'Épinac et des sites industriels du Creusot et de Blanzy.








































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