mardi 1 septembre 2026

Sciences et Patrimoine : les élèves découvrent les coulisses du futur Panoptique d’Autun

 Le mardi 1er septembre 2026, jour de la rentrée, les élèves de la classe Sciences et Patrimoine ont effectué leur première sortie de l’année. Ils se sont rendus au Palais de Justice d’Autun pour leur première séance d’un parcours d’éducation artistique et culturelle consacré au projet Panoptique d’Autun.

Pour cette première rencontre, Agathe Legros, directrice des musées et du patrimoine à la Ville d'Autun, est venue présenter aux élèves un projet qu’elle porte depuis plusieurs années. Lancé dès 2016, ce vaste chantier doit profondément transformer le musée et permettre sa réouverture au public à l’horizon 2030.

*Pourquoi transformer le musée Rolin ?

Avant d’aborder le projet Panoptique, Agathe Legros a présenté aux élèves le musée Rolin tel qu’il existait avant sa fermeture en 2022.

Installé dans l’hôtel Rolin, hôtel particulier construit au XVe de Nicolas Rolin et classé au titre des Monuments historiques, le musée abritait des collections particulièrement riches. Celles-ci couvrent plus de 2 000 ans d’histoire, depuis les mosaïques antiques, dont la célèbre mosaïque de Bellérophon, jusqu'aux œuvres du XXe siècle.

Mais le bâtiment était devenu trop exigu pour présenter correctement ces collections. Les œuvres étaient parfois à l’étroit et l’organisation du musée, avec ses nombreux escaliers, rendait également l’accès difficile aux personnes à mobilité réduite.

Autre limite : les œuvres étaient essentiellement accompagnées de petits cartels, sans véritable dispositif permettant aux visiteurs de comprendre leur histoire, leur contexte et leur importance.

Le projet doit donc permettre de mieux conserver, mieux présenter et mieux expliquer les collections du musée, tout en rendant le parcours accessible au plus grand nombre.


*Un projet qui réunit quatre bâtiment


Le futur Panoptique d’Autun – musée Rolin ne concernera pas uniquement l’hôtel Rolin. Le projet doit réunir quatre bâtiments et créer un parcours muséal continu.

Parmi eux figure l’ancienne prison panoptique, un bâtiment exceptionnel puisqu’il s’agit de la seule prison circulaire de ce type en France. Construite au XIXe siècle, elle est aussi classée Monument historique.

Le Palais de Justice constitue un autre élément du projet. Les élèves ont notamment découvert l’existence d’anciens cachots, utilisés jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. À terme, le bâtiment accueillera notamment des expositions temporaires.

Devant la prison se trouve également l’ancien pavillon des gardiens. La prison a échappé à plusieurs reprises à la destruction avant d’être utilisée comme garde-meuble. La ville a finalement racheté l’ensemble en 2002 et l’État a classé la prison au titre des Monuments historiques.

*Un parcours à travers 2 000 ans d’histoire

L’un des grands objectifs du projet est de permettre aux visiteurs de découvrir les collections sans rupture de parcours, de l’Antiquité au XXe siècle.

Les anciennes cours de promenade de la prison seront notamment transformées en centre d’interprétation numérique consacré à la ville d’Autun.

Au-dessus de la prison, un point de vue à 360 degrés permettra également d’observer la ville et de comprendre son organisation et son histoire depuis un emplacement exceptionnel.


*Les fouilles archéologiques bouleversent le projet

Avant le début des travaux, des fouilles archéologiques ont été menées sur le site. Des tranchées ont notamment permis de mettre au jour les vestiges d’un rempart datant du IVe siècle après J.-C.

Cette découverte a entraîné une modification du projet initial et a retardé le chantier de plus d’un an.

La verrière qui devait initialement couvrir une partie du projet a également été abandonnée au profit d’un auvent, conséquence notamment des contraintes patrimoniales et archéologiques du site.

Même classée Monument historique, la prison peut cependant être adaptée à ses nouvelles fonctions. Le pavillon des gardiens pourra ainsi être largement ouvert afin de créer l’entrée du futur musée.

*16 000 œuvres dans les réserves

La fermeture du musée a également permis de travailler sur les collections. Les salles du musée Rolin ont été vidées et les œuvres ont rejoint des réserves représentant environ 1 500 m².

1900 œuvres seront présentées dans le nouveau musée. Les deux tiers nécessitaient une restauration dont la moitié est déjà réalisée.

Environ 100 000 euros par an sont consacrés à ces restaurations. 

Au total, le musée conserve près de 16 000 œuvres, qui sont actuellement stockées dans les réserves. Certaines œuvres majeures peuvent néanmoins continuer à être découvertes par le public, notamment au Muséum d’histoire naturelle.

*Un chantier à 39 millions d’euros

Le projet Panoptique représente un investissement considérable : son coût global est estimé à environ 39 millions d’euros, comprenant notamment les travaux, les études, les architectes, les scénographes et la TVA.

La Ville d’Autun en finance environ 32 %, tandis que le reste repose sur différents partenaires : État, Région, Département, Europe, mécènes 

À terme, le nouveau musée devrait également bénéficier d'une équipe renforcée, passant d'environ 17 à 23 personnes.

L’objectif est aussi d’augmenter sensiblement la fréquentation : alors que le musée accueillait environ 20 000 visiteurs par an avant sa fermeture, le futur équipement vise jusqu’à 50 000 visiteurs annuels.

*Une première rencontre au cœur du patrimoine autunois

Pour les élèves de Sciences et Patrimoine, cette première sortie constitue donc une entrée particulièrement riche dans le thème de leur année consacré au patrimoine industriel et architectural local.

À travers la présentation d’Agathe Legros, ils ont pu comprendre qu’un musée ne se résume pas à ses œuvres : sa transformation nécessite de prendre en compte l’architecture, l’histoire, l’archéologie, la conservation, la restauration, l’accessibilité, la scénographie mais aussi les enjeux économiques et touristiques d’un territoire.

Cette première rencontre leur a surtout permis de découvrir l’envers du décor d’un chantier exceptionnel, qui doit transformer durablement le paysage culturel d’Autun.

Une première étape avant de nombreuses autres découvertes du patrimoine local qui jalonneront leur année de Sciences et Patrimoine.
























mardi 14 juillet 2026

Bravo à tous les futurs élèves de la classe Sciences et Patrimoine

Toutes mes félicitations pour l'obtention de votre diplôme national du brevet !

Cette réussite est le fruit de votre travail et de votre engagement tout au long de l'année. Vous pouvez être fiers de ce premier diplôme.

Je suis heureuse de vous retrouver à la rentrée prochaine au sein de la classe Sciences et Patrimoine du lycée Bonaparte. Une belle année nous attend, avec de nombreux projets, des sorties, des visites et de belles découvertes autour du patrimoine.

En attendant, profitez pleinement de vos vacances pour vous reposer et passer de bons moments en famille ou entre amis.

Je vous souhaite un très bel été et vous donne rendez-vous en septembre pour commencer ensemble cette nouvelle aventure.

Encore bravo et à très bientôt !



Isabelle Thibaudet

Responsable de la classe Sciences et Patrimoine



vendredi 12 juin 2026

Programme 2026-2027 de la classe Sciences et Patrimoine

 I.Au cours de l’année scolaire 2026-2027, les élèves de la classe Sciences et Patrimoine travailleront sur le thème du patrimoine industriel local, un sujet particulièrement riche qui leur permettra de découvrir l’histoire économique, sociale et technique de leur territoire.


Dès le mois de septembre, les élèves débuteront ce parcours par une découverte de l’histoire des schistes bitumineux. Ils se rendront au Muséum d’histoire naturelle d’Autun afin de comprendre l’origine de cette ressource, son exploitation et son importance dans le développement industriel local. Cette approche théorique sera complétée par une visite sur le terrain, où ils pourront observer les vestiges des anciennes installations industrielles et mieux appréhender l’impact de cette activité sur le paysage.

Dans un second temps, les élèves poursuivront leur exploration du patrimoine minier à Épinac, autrefois connue sous le nom d’Épinac-les-Mines. Cette commune a longtemps vécu au rythme de l’exploitation du charbon, activité qui a profondément marqué son histoire et son développement. Cette visite leur permettra de découvrir les conditions de travail des mineurs ainsi que l’organisation de cette industrie qui a joué un rôle majeur dans l’essor économique de la région.

Le thème de la mine sera ensuite approfondi grâce à plusieurs partenaires culturels. Les élèves participeront notamment à un parcours consacré à l’histoire minière proposé par l’association François Bourdon au Creusot. Ils découvriront également le Musée de la Mine de Blanzy, qui conserve de nombreux témoignages matériels et humains de l’exploitation charbonnière en Bourgogne. Ces différentes visites leur offriront une vision concrète de l’évolution des techniques industrielles et de leurs conséquences sur les sociétés locales.

Ce projet sera mené de manière transdisciplinaire tout au long de l’année. En mathématiques, les élèves exploiteront des données statistiques liées à la production et à la consommation des énergies fossiles afin d’en analyser l’évolution et les enjeux actuels. En français, plusieurs œuvres littéraires en lien avec le monde industriel, le travail ou les transformations sociales seront étudiées. En physique-chimie, ils s’intéresseront à la formation du charbon, du pétrole et du gaz au cours des temps géologiques et réaliseront des travaux pratiques autour du carbone et de ses propriétés. En arts plastiques, une réflexion sera menée autour de l’œuvre de Gustave Courbet, dont le regard sur les paysages et le monde rural permettra d’établir des liens entre patrimoine naturel, artistique et industriel.

Enfin, l’année s’achèvera par un voyage d’étude consacré au patrimoine industriel. Les élèves visiteront notamment la Saline royale d'Arc-et-Senans, remarquable témoin de l’architecture industrielle du XVIIIe siècle. Profitant de la proximité d’Arc-et-Senans avec Ornans, ils découvriront également le Musée Courbet, consacré à la vie et à l’œuvre de Gustave Courbet. Ce voyage constituera l’aboutissement d’une année de découvertes, permettant aux élèves de croiser les regards historiques, scientifiques, artistiques et patrimoniaux sur l’héritage industriel de leur région.


II. Pour l’année scolaire 2026-2027, les élèves poursuivront le travail engagé autour des archives de l’ancienne prison d’Autun. À travers la découverte de l’histoire judiciaire et carcérale de cet établissement, ils seront initiés à la recherche historique grâce à l’étude de documents d’archives et à la rencontre de professionnels du patrimoine, de la médiation culturelle et de la recherche.

Après avoir découvert le projet de réhabilitation de la prison et visité les lieux, ils analyseront des registres de détenus afin de mieux comprendre le fonctionnement de l’institution carcérale et les parcours de vie des prisonniers. Accompagnés par la Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne, ils transformeront ensuite ces témoignages historiques en récits mis en voix et en scène.

Ce projet aboutira à la création de courtes saynètes théâtrales présentées au public lors de la Nuit européenne des musées dans le cadre du dispositif « La Classe, l’œuvre ! ». Ainsi, les élèves développeront à la fois leurs compétences en recherche historique, en expression orale et en valorisation du patrimoine.


samedi 6 juin 2026

Film bilan de l'année scolaire 2025-2026

Au cours de l’année scolaire 2025-2026, les élèves de la classe Sciences et Patrimoine ont mené plusieurs projets associant découverte du patrimoine, recherche historique et valorisation culturelle.

Ils ont tout d’abord participé à un parcours d’éducation artistique et culturelle consacré aux paysages sonores de l’Autun médiévale, en partenariat avec le service du patrimoine de la ville. À travers des visites, des rencontres avec des spécialistes, dont l’archéologue du son Marie-Hélène Pardoen, et une initiation à la musique médiévale, ils ont exploré les sons qui rythmaient la vie quotidienne au Moyen Âge. Ce travail a abouti à la création de plusieurs saynètes présentées au public lors de la Nuit des musées dans le cadre du dispositif « La classe, l’œuvre ».

Les élèves se sont également engagés dans l’opération nationale « Le Plus Grand Musée de France », portée par la Sauvegarde de l’Art français. Après avoir découvert cinq œuvres patrimoniales situées à proximité du lycée, ils ont effectué des recherches historiques et élaboré des argumentaires afin de défendre leur restauration. Le projet s’est conclu par un concours d’éloquence au cours duquel chaque groupe a présenté son œuvre devant un jury et ses camarades. À l’issue du vote, l’œuvre conservée dans l’église de Curgy a été retenue et a bénéficié d’un soutien financier de 10 000 euros pour sa restauration.

Ces projets ont permis aux élèves de développer leurs connaissances du patrimoine local tout en renforçant leurs compétences en recherche, en expression orale et en travail collectif. 

Voici le montage vidéo résumant toutes les activités, sorties et voyages réalisés par les élèves de la classe Sciences et patrimoine : https://youtu.be/RYMDYoQIjck

vendredi 5 juin 2026

Dernier jour de classe pour les secondes 3

 Les élèves de la classe Sciences et Patrimoine, accompagnés de plusieurs de leurs professeurs, ont choisi de clôturer l'année par une sortie conviviale à Autun.

La sortie a débuté par un pique-nique partagé au théâtre romain, un moment apprécié de tous qui a permis aux élèves de se retrouver une dernière fois dans une ambiance détendue et chaleureuse.

Le groupe s'est ensuite rendu au Muséum d'histoire naturelle Jacques de La Comble. Accueillis par Alban Silvas, directeur adjoint de l'établissement, les élèves ont bénéficié d'une visite guidée qui leur a permis de découvrir quelques-unes des remarquables collections du musée, lequel conserve plus de 800 000 spécimens et constitue une référence internationale pour l'étude du bassin d'Autun.

La visite a débuté dans la salle des fossiles. Les élèves ont ainsi remonté plus de 300 millions d'années en arrière pour découvrir les végétaux et les animaux qui peuplaient les immenses forêts tropicales du Carbonifère

Le parcours s'est poursuivi dans la salle consacrée aux télots, ces anciennes exploitations de schistes bitumineux qui ont profondément marqué l'histoire industrielle autunoise. Les élèves ont pu comprendre comment cette ressource énergétique a été exploitée dès le XIXᵉ siècle pour produire des huiles de schiste. 

La salle des dinosaures a ensuite permis d'aborder une autre période de l'histoire de la Terre. Les élèves ont notamment découvert les célèbres empreintes laissées par les premiers dinosaures ayant parcouru la région au Trias, il y a plus de 200 millions d'années. 

Enfin, la visite s'est achevée dans la salle des minéraux du Morvan. Outre les magnifiques cristallisations présentées dans les vitrines, les élèves ont découvert l'autunite, célèbre minéral radioactif dont le nom est directement lié à la ville d'Autun. D'un jaune-vert éclatant, ce minerai d'uranium fut l'un des premiers minerais radioactifs exploités en France et constitue aujourd'hui encore l'un des symboles géologiques de la région.

Le retour vers le centre-ville s'est effectué par la galerie du Passage, où les élèves ont pu admirer les tableaux, dessins et gravures de Frédéric Chalot consacrés aux télots et au patrimoine industriel local. Cette exposition, visible du 4 au 14 juin, fait écho au thème qui servira de fil conducteur à la future classe Patrimoine 2026-2027 : le patrimoine industriel.

Cette dernière étape a ainsi permis d'établir un premier lien entre les projets menés cette année et ceux qui attendent les futurs élèves de la section, tout en soulignant la richesse du patrimoine historique, scientifique et industriel du territoire autunois.