Quand les maths racontent l’ère des énergies fossiles :
Au cours de l’année scolaire 2026-2027, les élèves de la classe Sciences et Patrimoine travaillent sur le thème du patrimoine industriel local, en particulier autour de l’histoire de l’exploitation des énergies fossiles en Bourgogne. Ce projet leur permet de découvrir les richesses économiques, sociales et techniques de leur territoire, tout en s’interrogeant sur les enjeux énergétiques actuels.
Ce fil conducteur se construit de manière transdisciplinaire. En mathématiques, les élèves ont exploité avec Mr Viennot des données statistiques sur la production et la consommation des énergies fossiles.
Pourquoi parler d’énergies fossiles quand on étudie le patrimoine industriel ? Parce que les usines, les mines et les fabriques d’hier ont fonctionné grâce au charbon, au pétrole et au gaz, et que ces énergies façonnent encore notre quotidien.
*Comprendre et mesurer. Les élèves ont d’abord mené une recherche documentaire : types d’énergies fossiles, formation, usages, localisation des ressources, inconvénients et alternatives. Puis il a fallu apprendre à les mesurer. Ils ont converti des joules en kilowattheures et en tonnes équivalent pétrole, comparé la consommation d’un Français à celle du corps humain, et analysé le mix électrique de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et du monde à l’aide de fractions. Ils ont aussi calculé l’empreinte carbone d’un lycée de 1 000 élèves, pour se demander quel poste traiter en priorité, et à quel prix.
*Confronter les modèles au réel. Deuxième étape, la plus parlante : l’étude des prix du gazole en France métropolitaine, de janvier 2015 à août 2026, à partir des données de l’INSEE. Les élèves ont calculé des moyennes annuelles, des variations absolues et relatives, des taux d’évolution. La courbe raconte l’histoire récente : creux au printemps 2020 pendant le confinement, flambée en 2022, puis nouvelle hausse brutale début 2026. Le litre, qui valait 1,13 € en janvier 2015, atteint 2,21 € en août 2026, soit presque le double. Les élèves ont dû chercher les causes économiques et géopolitiques de ces variations.
*Un enjeu pour l’État. Les taxes représentaient 56,4 % du prix du litre en 2015 et 49,3 % en 2025, alors que les volumes vendus sont passés d’environ 51 à 32 millions de mètres cubes. Les élèves ont calculé l’évolution des recettes fiscales, puis estimé celles de 2026 avec une consommation en baisse de 7,3 %. Ils ont ainsi découvert un paradoxe : moins consommer de gazole est bon pour le climat, mais cela réduit aussi les rentrées de l’État.
*Modéliser. Place enfin aux fonctions. La consommation de pétrole d’un pays qui s’engage à la réduire a été modélisée par une fonction affine, représentée graphiquement. Les élèves ont constaté qu’une baisse régulière en valeur absolue n’est pas une baisse régulière en pourcentage. Autre question très concrète : chauffer sa maison au fioul ou avec une pompe à chaleur ? L’installation coûte plus cher, mais la facture annuelle est plus faible. En résolvant une équation, ils ont trouvé le moment où la pompe à chaleur devient plus économique.
Au fil des séances, un même message est ressorti : les sciences et les mathématiques ne servent pas qu’à calculer, elles aident à comprendre le monde, à débattre et à décider. Le patrimoine industriel, lui, rappelle que chaque époque a eu ses énergies, et que la nôtre est en train de changer.




















































